Autrefois, les défilés de mode, en particulier ceux de haute couture, ressemblaient à des productions théâtrales. Des mises en scène pleines d’émotions et de récits. C’est également l’idée qui sous-tendait le défilé de cette année, où les modèles, les créations, la musique et la mise en scène racontaient une histoire. Le défilé Jean Paul Gaultier Haute Couture 2025 est une histoire. Y avons-nous cru?
L’histoire de la mode – comment Jean Paul Gaultier entre dans l’histoire de l’entreprise
Jean Paul Gaultier prouve depuis des années que la mode n’est pas qu’une affaire de vêtements, mais avant tout une histoire – pleine d’émotion, de théâtralité et de rebondissements inattendus. À partir de 2020, après le départ à la retraite du maître lui-même, chaque collection de haute couture sera créée par un designer différent. Il interprète le style de la maison à travers son propre prisme. Cette année, c’est Ludovic de Saint Sernin qui a pris la barre en présentant « Le Naufrage », une histoire de naufragés sur une mer agitée, inspirée par les sirènes, les marins et les pirates.

Sa vision, pleine de corsets en dentelle, de drapés sensuels et de détails théâtraux, a parfaitement saisi l’esprit de Gaultier. La légèreté narrative et le charme excentrique qui le caractérisent n’ont pas été perdus. Il la mode comme un spectacle est un geste audacieux aujourd’hui? C’est peut-être justement ce dont nous avons besoin. Un peu de magie et une évasion de la vie quotidienne. Une immersion dans un monde de fantaisie et de rêve, ne serait-ce que le temps d’une soirée.
Jean Paul Gaultier Haute Couture 2025 – montrer ou dire?
Jean Paul Gaultier Haute Couture 2025 est plus qu’un défilé de mode. C’est une histoire dramatique de naufragés, de passions et du chaos que la mer apporte. Ludovic de Saint Sernin, le créateur invité cette année, a créé le spectacle. Chaque silhouette a sa propre histoire. Des sirènes aux robes chatoyantes et profilées, des marins en corset et laçage comme des cordes sur le pont, des pirates vêtus de drapés sensuels.
La collection trouve un équilibre entre théâtralité et érotisme sophistiqué. Elle associe des éléments emblématiques de Gaultier, tels que les corsets iconiques et les constructions illusionnistes, au minimalisme et à la sensualité brute qui caractérisent de Saint Sernin.

Les robes de la collection ont ébloui par la complexité de leur confection et le choix des matières – soie, voile de jersey scintillant superposé en vagues rappelant les courants marins. Le tulle transparent brodé de 50 000 perles de laiton ajoutait une touche luxueuse, digne d’un bijou. Les créations étaient à la fois sensuelles et sculpturales. Ils allaient du drapé aérodynamique à l’aspect mouillé aux corsets austères fermés par des lacets comme des cordes de marine. L’ensemble était lié par une palette de couleurs cohérente: des verts et bleus marins aux beiges sablonneux et au noir profond de la nuit sur l’océan, ce qui signifie que la collection, malgré son caractère théâtral, est restée cohérente et raffinée jusque dans les moindres détails.
Les tenues semblaient avoir été tirées des profondeurs de la mer – cheveux mouillés, ornements de perles, tissus rappelant des filets de pêche ou des voiles déchiquetées. Chaque détail construisait un récit cohérent. Mais avons-nous cru à cette histoire? La mise en scène avait tout pour plaire: de l’émotion, de la nostalgie, une touche de kitsch et beaucoup d’artisanat complexe. La question demeure: la mode a-t-elle besoin d’un tel panache théâtral? Peut-être que des créations magistralement taillées suffisent à elles seules?
On peut également se demander non pas si, mais quand certaines des créations de ce défilé quitteront la mer pour se retrouver directement sur le tapis rouge. Car les modèles individuels présentent un grand potentiel.
Rédacteur en chef de l’actualité du luxe
Malcolm Lux
source: kendam.com
L’entreprise: Jean Paul Gaultier Haute Couture

